Les HAUPETIT et les GUERS,

Auteur : dominique guers

Guillaume Haupetit fils de Poucet Haupetit et Marguerite Parcellier est né le 20 novembre 1827 à Saint-Just, Canton de Montagrier, en Dordogne. La mère Marguerite est plus âgée que son maris de 19 ans, un pacte a été passée entre la famille Parcellier et Haupetit, Marguerite s’unie à Poucet à l’âge de 40 ans.

Sans titreSt Just

A cette époque, Saint-Just non loin de la commune de Chapdeuil, est un village d’environ 500 âmes, le château de Narbonne et son donjon implantés depuis plusieurs siècles, dominent le village, St Just est arrosé par l’Euche descendant du Périgord, c’est un village verdoyant et calme. Les familles Haupetit et Varaillon s’unissent plusieurs fois, mariage entre belles- sœur et beaux –frère, pour garder les terres familiales. Dans la famille Haupetit, ils sont cultivateurs depuis plusieurs générations, le grand-père Pierre Haupetit qui a épousé une fille Varaillon possède des terres au lieu dit « Taille fer »à Paussac saint Vivien. Le lieu dit de « Taille fer » détient un Dolmen datant du néolithique nommé Peyre d’Ermale, c’est une région riche en histoire .A cette époque les gens aiment leurs terres. Ils s’entraident beaucoup quand il y avait des malades. On devait savoir tout faire de leurs mains (travailler aux champs, sortir le fumier, soigner les bêtes, traire, réparer les outils, …) Les femmes avaient beaucoup de travail. Elles devaient aider aux champs, soigner les poules, les lapins et cochons, travailler le lait, cuisiner, s’occuper des enfants, laver coudre, filer, broder en gardant les troupeaux. Elles portaient de lourdes charges ce qui explique les fausses couches fréquentes. Le temps était le grand souci des paysans et les saisons rythmaient leur travail. L’hiver 1829-1830, est d’une rigueur exceptionnelle, en particulier dans le Bergeracois. Les noyers des basses vallées de l’Auvezère et de l’Isle gèlent. Au village de Saint Just les récoltes sont abimées.

Très jeune Guillaume travaille avec ses parents sur les terres familiales, François l’ainé de la famille seconde le père. La ferme familiale est faite en matériaux locaux, le pisé et le sous-bassement en pierres. Le toit est en chaume jusque vers 1800, mais on craignait beaucoup les incendies. La famille Haupetit se nourrie des aliments produits à la ferme. La viande de boucherie ne paraissait sur la table que les jours de fête. Le porc, le lapin et la volaille est la viande la plus cuisinés. Durant l’année 1836 la mère est malade liée à une fausse couche, Marguerite décèdera dans l’année. A la ferme les récoltes sont mauvaises, Poucet le père vends des terres, Guillaume n à que 9 ans, mais déjà un petit homme qui aide bien à la ferme. Dépassé le père se remarie rapidement avec une jeune femme de Paussac saint vivien, Jeanne Deforest, qui n’a pas d’enfant .Jeanne s’occupe du petit dernier .François le grand-frère se marie en 1840. En 1841 début d’une épidémie de suette miliaire (éruption cutanée en forme de grain de mil) donné par les insectes des champs. Malheureusement son père décède à l’âge de 45 ans et Jeanne la belle-mère le suit, 1841 une année noire pour les Haupetit.

Guillaume HAUPETIT orphelin à 14 ans, est un jeune homme, son grand-père Pierre veillera sur lui. La ferme familiale est vendue, François s’établie comme maçon, son épouse lui donnera plusieurs enfants .Guillaume aidera son grand-père sur les terres de Paussac. Il s’intéressera aux vaches et chevaux, il commencera un petit commerce à Paussac chez son grand-père. A l’âge adulte, c’est un gaillard d’une réputation sulfureuse, mais au métier honnête, plus commerçant qu’éleveur, il est maquignon. Il a déjà l’idée de partir de la région familiale, pour aller dans des grandes villes ou le commerce est en expansion.

Sur les marchés aux bestiaux de la région, lieu de rendez-vous régulier qui ponctuait la vie routinière des campagnes, Guillaume a appris le métier, il examine les bestiaux avec confiance, ouvre la bouche pour savoir leurs âges, palpe les jambes pour vérifier s’y elles ne sont pas affligées d’engorgements ou de crevasses, fait tousser les bêtes pour s’assurer qu’elles ne sont pas poussives ou fourbues ; et il répète la même opération à chaque nouvel examen.

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Tous les marchés des alentours se tiennent sur la place du bourg chaque semaine, à jour fixe, de manière à ne pas concurrencer ceux des villages du même canton a Chapdeuil , Paussac , Bourdeilles ou Grand-Brassac . Puis à 30 ans, avec l’expérience acquise Guillaume élargie son champs d’action dans le maquignonnage entre la Dordogne et la région proche de Marseille, il s’installe à Cadenet dans le Vaucluse ou il fait le commerce des bestiaux entre ses terres natales, la région provençale et l’Algérie Française, il rencontre une fille du pays, de Villelaure, Honorine Mathilde Chabert, Guillaume se marie le 2 octobre 1861 à Villelaure avec le consentement de son Grand-père Pierre Haupetit. Il aidera la famille de son épouse dans leurs terres de Villelaure et continuera le commerce du bétail. Les années se suivent mais ne se ressemble pas, des années de bonnes récoltes, et tantôt des hivers rudes et secs, en 1870 c’est la guerre Franco Prussienne, la région est épargné, mais de nombreux jeunes hommes partiront sur le front .La famille Haupetit et Chabert se serre les coudes, l’affaire de Guillaume est en plein essor, la vente de viande bovine pour nourrir les soldats du front Lorrain et l’apport de chevaux pour les régiments de cavalerie.

Guillaume et Honorine auront 8 enfants de leur union, entre 1862 et 1883, dont Aimé Jules Guillaume un grand gaillard de 1m80 comme son Père, turbulent et qui à 22 ans sera Condamné pour insoumission a l’armée en 1894 à 2 mois de prison et dans le civil pour tout autre méfaits, il se mariera à 52 ans avec une jeune fille d’Avignon, les autres se marieront à Marseille, Hyppolite restera célibataire. Dans la région du Lubéron on commence à planter la vigne dans la plaine et sur les anciennes terres à blé. On creuse des citernes dans chaque maison pour l’eau du ménage car on continue à aller chercher l’eau « pour boire » au puits, à la place, à l’ancien puits central, l’eau y est meilleure à boire, elle est profonde et plus fraîche. En période de sécheresse on conduit les animaux en troupeau s’abreuver à la fontaine du village, on y aménage même un abreuvoir à cet usage, ou directement à la Durance qui est en bordure du village. La famille s’est éparpillée, mais reste unie, lors des allers retour entre Villelaure et Marseille Guillaume visitera ses enfants et il importera du bétail d’Algérie Française et le revendra dans la région . La famille prospère, l’avant dernier de la famille Louis Auguste décède d’un accident à 32 ans, six enfants sur huit ont leur descendance assurées. Guillaume fait le tour des éleveurs de la région et se mettra en affaire avec Ulysse Guers et son fils ainé Marius Claude de Marseille, propriétaire d’écuries à la Porte d’Aix et entrepreneur de calèches. Les liens familiaux entre les deux familles seront très serrés et cordiaux.

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Guillaume travailleur acharné , respecté de ses enfants ,deviendra un maquignon hors pair , bien connus sur les marché de la région , de Carpentras , Gémenos , Salon de Provence et bien d’autres et après un vie bien remplis , l’enfant d’une région lointaine la Dordogne , a pris racine au pied du Lubéron , il décèdera à 70 ans, un âge plus qu’honorable . Sa fille Marie Eugénie la petite dernière n’a alors que 15 ans, Marie Eugénie est née 23 ans après le mariage de ses Parents, elle restera avec sa mère jusqu’à l’âge de 20 ans pour aider sur les terres, a sa majorité connaissant bien la famille GUERS, elle ira travailler chez eux comme femme de ménage à Marseille au 7 et 9 rue de la Paix. La jolie Eugénie ne laisse pas insensible le fils Léon Joseph GUERS, de 11 ans son ainé, il succombe au charme de la jolie bonne. L’histoire ne plait pas du tout à Marius Claude le responsable et l’ainé responsable de la famille, Ulysse son père étant décédé en 1898.L’amour est plus fort que tout et Léon à déjà 31 ans, ils se marient à Marseille le 15 juin 1905, malgré son opposition Marius Claude sera témoin du mariage. L’année 1905 sera une année importante, un des frères d’Eugénie Haupetit, connaissant bien la région de Villelaure et ses alentours, signale à son beau-frère Léon Joseph GUERS, qu’un local avec une grande maison est à vendre à Pertuis rue notre Dame à quelques kilomètres de Villelaure. Léon va le visiter, le local semble approprié pour y établir un Charcuterie Boucherie. C’est le projet de Léon GUERS, ayant appris le métier à Marseille chez un charcutier boulevard de la Paix, de se mettre à son compte, Eugénie pourra l’aider à la vente. La proximité de la mairie, la vue sur la place principale du village de Pertuis »place Mirabeau », l’église en face, la fontaine communale, bref le lieu idéal pour s’établir. Sa belle famille lui prêtera un peu d’argent, plus la dote du mariage et les quelques économies, voilà Léon et Eugénie qui relèvent le défi.

Courant 1905 la Charcuterie GUERS ouvre place Mirabeau, bien approvisionné en cochons et autres volailles achetés aux bonnes adresses données par les Haupetit et les Chabert, la charcuterie GUERS prospère et devient la boutique incontournable du village Pertuisien. Les GUERS sont biens acceptés par la population et deviennent à par entière des « Pertuisien ».

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Un commis et des journaliers donnent un coup de main à la boutique .Début 1907, Eugénie est enceinte, la famille est ravie, l’heureux événement arrive le 12 octobre, un petit garçon qui se nomme Félix Hyppolite. L’année 1909 annonce encore une bonne nouvel, un nouvel enfant, un garçon nommé André .Après l’accouchement Eugénie est faible et malade, elle continue à aider à la charcuterie .La boutique fonctionne bien, mais durant l’année 1912 Eugénie décède, elle laisse 2 enfants en bas âge et une partie de l’ouvrage à la charcuterie .Léon ne peut faire front, élever les enfants, tenir la charcuterie et s’occuper des achats des porcs. Il se remariera quelques mois après avec une femme de Pertuis âgée de 34 ans, elle n’a pas d’enfant et a sans doute aidé à la boutique, le mariage se passe le 10 juin 1913, Thérèse Chaffard devient la deuxième épouse de Léon, elle s’occupe bien des deux garçons et de la boutique.

Sans titre Thérèse, Félix, André et Antonin

Bien entendu la contraception n’existe pas, elle donne naissance en 1914 à un autre enfant, encore un garçon nommé Antonin. 1914 c’est aussi la mobilisation générale, Léon est affecté dans un service auxiliaire, exempt de front pour cause de strabisme, cela lui permet plus de liberté pour superviser à la charcuterie. En mars 1916 il est réformé pour cause de diabète et cette année là Thérèse accouche d’un nouvel enfant, un garçon !!!! Nommé Marius.

4 enfants, 4 garçons, la descendance est assurée. Le 29 septembre 1918 c’est l’armistice, Pertuis retrouve son calme, malgré l’absence de nombreux jeunes hommes mort pour la France durant la grande Guerre. La charcuterie pendant ses années de trouble a toujours bien fonctionné. Félix l’ainé a passé son certificat d’étude avec succès, il aide depuis quelques temps à la charcuterie, il apprend le métier et seconde son père qui d’ailleurs est de plus en plus souvent absent du foyer familial. Léon effectue des allers retour sur Marseille pour suivre les affaires familiales et retrouver les copains.

Les enfants grandissent les années se suivent, Léon s’absente régulièrement plusieurs jours, mais la charcuterie est bien tenue par Thérèse, Félix, un commis et les 3 autres frères .La maladie gagne sur Léon, les excès, le diabète, les virées …..

Sans titre Marseille

En 1920 Marius Claude Guers, le frère ainé de Léon est agonisant, et sur son lit de mort, Marius Claude promis de faire battre toute la famille pour l’héritage. En effet la succession fut dilapidés par sa maitresse et son commis, les frères et sœurs eurent quelques bricoles, Léon eu quelques pièces en argent et un montre à goussé . Malheureusement en 1924 Léon atteint d’un Diabète avancé , décède à l’âge de 50 ans, laissant derrière lui la petite famille, Félix a 17 ans et André 15, Félix est déjà un jeune homme et le poids des responsabilités ne lui fait pas peur , c’est comme cela qu’il a forgé une telle assurance professionnelle . Thérèse la veuve s’est bien occupé de Félix et André, Antonin et Marius grandissent sous la protection du grand frère .Occasionnellement Félix va a Marseille avec son Parrain et oncle Maternel Hyppolite Haupetit qui a été garde républicain et a sa retraite tient un bar à la Blancarde. A Marseille dans les années 1930, le commerce maritime est fleurissant, la fin des omnibus, sorte de wagons sur rails tiré par des chevaux est arrivé, le Tramway puis plus tard le trolleybus le remplace .Pour Félix, c’est la grande ville, il fait avec son parrain le tour de la métropole à visite.

Chez Hippolyte à la Blancarde , Félix est visité par les Tantes , Oncles et Cousins Guers , Haupetit , l’oncle Raibaud , Vivaldi , Combin et Boyer .Le jeune homme ira quelquefois aux anciennes écuries de la famille Guers à la porte d’Aix ,ou il y a peu de temps les dernières calèches se trainaient péniblement . Les Années passent, Pertuis a aussi son essor, le petit village devient un grand village, la charcuterie Guers est un symbole Pertuisien sur la place Mirabeau, les quatre garçons grandissent et deviennent des hommes, tous charcutiers.

Chacun d’eux feront leur vie dans des villes différentes de la région, Avignon pour Félix, Miramas pour André, Rassuen pour Antonin et Marius le dernier restera dans la maison et charcuterie familiale à Pertuis. Thérèse y restera jusqu’à son décès après une longue vie de labeur.